
Un Rassemblement national qui effectue une nouvelle poussée en Seine-et-Marne, un camp présidentiel en passe de sauver les meubles dans l’Ouest et un Nouveau Front populaire en tête ailleurs. A l’issue du premier tour des élections législatives, le paysage politique en Ile-de-France est morcelé en trois grands blocs.
Après avoir déjà remporté un siège en 2022 en Seine-et-Marne, le RN est arrivé en tête dans 7 des 11 circonscriptions du plus grand département francilien. A Meaux, sa députée Béatrice Roullaud peut espérer un second mandat. L’extrême-droite pourrait aussi faire tomber dans son escarcelle la 4e, où la députée sortante LR Isabelle Perigault est distancée de près de 20 points par le candidat RN (47,64 %).
Olivier Faure réélu
Seulement deuxièmes derrière le RN, les ministres Frédéric Valletoux (2e) et Franck Riester (5e) devront compter sur le désistement des candidats du Nouveau Front populaire (NFP) et un bon report de leurs voix pour être reconduits à l’Assemblée nationale. Tout comme le député LR de la 3e, Jean-Louis Thiérot. La macronie a déjà lâché la 9e où la candidate Renaissance, seulement troisième, s’est désistée en faveur du NFP. A Melun, la députée sortante Modem de la 1ère est également en ballottage défavorable.
Réélu dès le premier tour, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, fait figure d’exception. Les députés sortants de LFI ont, eux, connu des fortunes diverses : Maxime Laisney est bien parti pour garder la 10e circonscription, tandis qu’Ersilia Soudais n’est que deuxième dans la 7e, à 3 points du RN. Le NFP peut espérer faire tomber la 8e et la 10e à la faveur de triangulaires.
Triangulaire périlleuse pour Nicolas Dupont-Aignan
Dans l’Essonne, le RN semble en mesure de garder la 2e. Mais le NFP a viré en tête dans 7 des 10 circonscriptions, dans le sillage de ses trois députés sortants, le socialiste Jérôme Guedj, Farida Amrani et Antoine Léaument (LFI tous les deux). C’est aussi le cas dans la 8e tenue depuis cinq mandats par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Arrivé seulement deuxième derrière le candidat LFI, le président de Debout la France se prépare à une triangulaire périlleuse avec François Durovray, le président LR du conseil départemental.
Arrivés deuxième derrière le NFP, les députés Renaissance Robin Reda et Paul Midy vont tenter d’inverser la tendance comme en 2022. Troisième dimanche, la députée sortante de la 9e, la ministre déléguée aux Outre-mer Marie Guévenoux s’est désistée en faveur de la candidate de l’union de la gauche arrivée en tête.
Grand chelem en vue pour la gauche en Seine-Saint-Denis
En Seine-Saint-Denis, la gauche peut de nouveau faire le grand chelem, comme en 2022 où elle avait empoché les 12 sièges en jeu dans cette ancienne banlieue rouge. Dimanche, le NFP a vu la réélection de six de ses députés, dont deux figures de LFI Clémentine Autain et Eric Coquerel, ou le communiste Stéphane Peu. Les dissidents Raquel Garrido (5e) et Alexis Corbière (7e), des piliers de La France Insoumise mais non investis par le NFP, sont tous les deux qualifiés pour le second tour. Arrivée en troisième position, Raquel Garrido aura toutefois du mal à conserver son siège, qui devrait revenir à la candidate de la NFP. Elle s’est dite prête à se désister invoquant « le sens des responsabilités ».
La gauche tire également son épingle du jeu dans le Val-de-Marne, avec la réélection des sortantes Isabelle Santiago (PS), Mathilde Panot (LFI), Clémence Guetté (LFI) et Sophie Taillé-Polian (Générations). Dans un duel très médiatique, la députée Insoumise de la 7e Rachel Kéké est arrivée en tête avec près de 9 points d’avance sur le maire LR de L’Haÿ-les-Roses Vincent Jeanbrun (36,64 %). Le camp présidentiel a d’ores et déjà perdu la 1e circonscription, convoitée par l’union de la gauche et le maire LR de Saint-Maur Sylvain Berrios, tandis que la députée sortante de la 4e, Maud Petit (Modem) est en difficulté.
A Paris, la gauche, qui détenait déjà la moitié des 18 circonscriptions, a réalisé une bonne opération au premier tour. Le Nouveau Front populaire l’a emporté dès dimanche dans neuf circonscriptions, avec les réélections notamment de l’écologiste Sandrine Rousseau ou l’Insoumise Danièle Obono. Il s’offre aussi un succès marquant dans la 7e, remportée par Emmanuel Grégoire , le premier adjoint PS à la maire de Paris, face au député sortant Clément Beaune, l’ex-ministre des Transports. Dimanche prochain, le NFP espère ravir aussi la 4e circonscription à une autre figure de la macronie, Stanislas Guerini, le ministre de la Fonction publique, ainsi que la 11e circonscription actuellement détenue par le Modem.
Dans l’Ouest de la capitale, le camp présidentiel devrait faire de la résistance, avec les réélections probables d’Olivia Grégoire, Benjamin Haddad, Astrid Panosyan-Bouvet ou David Amiel.
La macronie résiste à l’Ouest
Terrain de jeu également favorable à la macronie, les Hauts-de-Seine ont vu arriver largement en tête l’actuel Premier ministre Gabriel Attal (dans la 10e), Stéphane Séjourné, le ministre des Affaires étrangères (dans la 9e) ou Constance Le Grip (dans la 6e), tandis que Pierre Cazeneuve a été réélu.
LR a conservé sa seule circonscription du département, avec la victoire de Philippe Juvin dans la 3e, et peut espérer en gagner deux autres dimanches prochain. A gauche, Elsa Faucillon (PCF) et Aurélien Saintoul (LFI) ont conservé leur siège, tandis que la députée sortante écologiste Sabrina Sebaihi a manqué d’un rien sa réélection.
Dans les Yvelines, les députés macronistes ont largement viré en tête dans la majorité des circonscriptions, à l’instar de la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, des ministres Aurore Bergé, Marie Lebec et Jean-Noël Barrot, ou encore de Karl Olive, l’ancien maire de Poissy. Mais la députée sortante de la 7e Nadia Hai est arrivée derrière Aurélien Rousseau, l’ancien ministre de la Santé sous Elisabeth Borne investi par le NFP. La gauche devrait aussi conserver les 8e et 11e, et remporter la 9e face au RN après le désistement du député sortant Bruno Millienne (Modem).
Le camp présidentiel est en revanche à la peine dans le Val-d’Oise, où il détenait 6 des 10 circonscriptions. Deux de ses députés sortants ont été éliminés dimanche, tandis que les quatre autres sont en ballottage défavorable dans une élection marquée par une progression du RN. Une configuration qui permet à la gauche d’espérer améliorer son score de 2022 (quatre députés) alors que Paul Vannier et Carlos Martens Bilongo ont déjà gagné le droit d’un nouveau mandat.
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